Tours

 

Je ne suis encore jamais allée à New York et je n'aurai connu les Twin Towers qu'à travers cet évenement.

 

Ce jour-là, il faisait beau à Bruxelles. Je préparais mon départ pour Berlin où j'allais étudier pendant
un an en échange. Internet commençait à se développer et je correspondais alors avec quelqu'un qui,
plus tard, prendrait une place particulière dans ma vie.  

 

C'est à la radio que j'ai appris la nouvelle.
J'ai dévalé les escaliers et ai crié à mon père d'allumer la télévision. Et le deuxième avion disparaissait… 

 

Le lieu où je me trouvais à ce moment précis, le temps dehors, l'ordinateur de mon frère sur lequel j'écrivais
sur fond de nouvelles confuses à la radio, le visage de mon père face à ces images en train de se faire,
tous ces souvenirs simultanés m'auront, comme pour chacun, laissé une empreinte sans précédent.

 

Cet après-midi, j'étais justement à la Gaîté Lyrique où se tenait une projection-conférence de l'Œil de Links
autour des souvenirs de ces attentats vus par 11 artistes dont faisait partie le Studio Capture et Rafaël Rozendaal,
un artiste néerlandais que je connaissais pas encore, dont l'interprétation minimaliste est assez fascinante :
www.fallingfalling.com. Autant de manières de se souvenir de cette date et de tâcher d'en faire quelque chose. 

 

Et pourtant il reste des lacunes.
Est-ce parce qu'on n'a pu en voir que très peu finalement? 

Je n'arrive ensuite à repenser qu'à cette mise en boucle autour de l'impact de l'avion.
Cette séquence catastrophique qui s'est passé presque en silence et le plus "simplement" du monde,
comme un plongeur qui aurait fendu l'eau sans encombres…

Elle se superpose même ce soir aux tours qui me font face.

 

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